NAO 2018: Pourquoi il ne faut pas signer cet accord

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Plus de profits mais une politique salariale en berne

Alors que les années exceptionnelles se succèdent, la politique sociale de Conti ne cesse de baisser.

En 5 ans, le chiffre d’affaire a cru de plus de 50 % , le bénéfice de 72 %, les effectifs sont restés quasi stables (si on ne compte pas les 150 personnes ajoutées aux effectifs suite au rachat de VALEO Cergy et SYNERJECT), la précarité progresse, et le montant total en euros des augmentations générales et individuelles distribuées aux salariés est en baisse de 17 % !

Un virage vers une dangereuse individualisation des salaires « à la tête du client »

Dans l’accord que nous propose notre direction cette année, le talon a disparu et l’individualisation des salaires « à la tête du client » se généralise pour toutes les catégories.

Le budget total des augmentations générales (AG) et individuelles (AI) à 2,2% correspond à une augmentation réelle de moins de 1% une fois enlevée l’inflation de 1,3%.

Pour la direction cela permet de belles économies, puisque seule 1 personne sur 3 sera augmentée de plus de 1,9 % (c’est ce qui s’est passé les années passées comme le montrent les statistiques).

Les primes ne remplacent pas les salaires

Pour masquer la faiblesse des augmentations de salaire, elle ajoute dans sa com la baisse des cotisations salariales intervenues en début d’année ! Et pour donner une impression de « PLUS », la direction a multiplié les primes, avec des différences importantes en fonction des statuts : 700 personnes auront une prime de 150€ (soit moins de 10 € net par mois !), d’autres auront plus de 1000€ (mais l’an prochain).

Aucun engagement sur une augmentation réelle des effectifs

Toutes les organisations syndicales ont demandé des embauches significatives. La direction en a promis, mais sans s’engager sur une augmentation des effectifs. Autrement dit, tout juste de quoi remplacer les départs, rien de plus que les années passées.

Mise en place sans négociation d’un système de rémunération variable opaque pour les cadres

Enfin, la mise en place d’une nouvelle politique de rémunération pour les cadres n’a pas sa place dans un accord de type NAO. D’une part, ce n’est pas l’objet, puisque on négocie des mesures qui s’appliquent un an (Négociations Annuelles Obligatoires). D’autre part, ce type de négociation nécessite la diffusion des informations qui permettent d’engager une négociation « sincère et loyale» telle que définie dans le code du travail . Or, aucun élément n’a pu être débattu, personne n’a accès à la fameuse procédure «Continental Grading », encore moins aux critères retenus, aux effectifs dans chaque catégorie, au planning, à l’impact que cela aura sur le travail de chacun, …bref on nous demande de nous engager sur un système dont personne, même pas la direction, ne sait comment cela marchera !

NAO 2018 – Un fourre tout pour masquer une politique salariale au rabais

Il y a un côté foire à tout dans cet accord, on y trouve des assouplissements pour le site de Toulouse (est-ce l’objet d’une telle négociation ?), des mesures qui concernent d’autres accords (Intéressement, CET), …

Notre capacité à obtenir des résultats dépend de notre mobilisation

Les actions de débrayage ont permis de faire reculer notre direction dans sa volonté de supprimer les négociations annuelles sur les salaires. Elles ont permis d’obtenir un budget AG+AI un peu plus important. A l’avenir il est nécessaire de se mobiliser plus nombreux si nous voulons que nos salaires progressent autant que les profits et la richesse que nous créons par notre travail ensemble !

NOUS ENGAGEONS TOUTES LES ORGANISATIONS SYNDICALES A NE PAS SIGNER CET ACCORD.

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